Passer au contenu principal
Patrimoine PratiquePatrimoine Pratique
Taxation assurance vie 2026 : taux, abattements
SCPI

Taxation de l'assurance vie en 2026 : rachat, succession et prélèvements

Taxation assurance vie 2026 : flat tax à 31,4 %, abattements, prélèvements sociaux à 18,6 %, fiscalité succession. Tous les taux et seuils avec exemples

Mélanie BlancMélanie Blanc 19 min de lecture
L'Assurance-Vie : le guide complet en 10 minutes

La taxation des gains d'une assurance vie dépend de la durée de détention. Avant 8 ans, la flat tax est de 31,4 % depuis janvier 2026 (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux, selon service-public.gouv.fr). Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple réduit la base imposable, avec un PFU à 7,5 % sous 150 000 € d'encours.

La taxation assurance vie obéit à une règle simple : vos gains ne sont imposés qu'au moment du rachat. Pas de retrait, pas d'impôt sur le revenu. Mais en 2026, le cadre fiscal a bougé sur deux fronts. Les prélèvements sociaux grimpent à 18,6 % et deux flat tax coexistent désormais : 30 % pour les revenus antérieurs à 2026, 31,4 % pour les revenus courants. Ces évolutions modifient l'équation pour tout rachat, partiel ou total, et rendent la durée de détention plus déterminante que jamais.

Comprendre les spécificités de la fiscalité assurance vie en 2026 est essentiel pour optimiser vos rachats.

Pour mieux comprendre les implications de ces changements, il est essentiel de maîtriser la fiscalité assurance vie 2026 : abattements, taux.

Comment fonctionne la taxation de l'assurance vie : le principe de base

Tant qu'aucun rachat n'intervient, les gains accumulés dans un contrat d'assurance vie ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Cette caractéristique distingue l'assurance vie des comptes-titres ordinaires, où les dividendes et plus-values latentes peuvent générer une imposition annuelle.

Le déclencheur fiscal, c'est le rachat. Dès que vous retirez tout ou partie de votre épargne, l'administration fiscale calcule la part de gains incluse dans ce retrait. Seule cette part est imposable. Le capital que vous avez versé, lui, ressort en franchise d'impôt.

Concrètement, la formule de calcul retient la quote-part de gains dans l'encours total au moment du rachat. Si votre contrat vaut 100 000 € dont 30 000 € de gains et que vous retirez 10 000 €, la part imposable est de 3 000 €. Le solde de 7 000 € correspond à du capital et n'est pas taxé.

Cette mécanique de taxation proportionnelle vaut pour les rachats partiels comme pour le rachat total. Pour un rachat total, l'intégralité des gains devient imposable sur l'année du retrait. Selon service-public.gouv.fr (2026), le régime d'imposition applicable dépend ensuite de la durée de détention du contrat : moins de 8 ans ou plus de 8 ans.

Qu'est-ce qu'un gain imposable dans un contrat d'assurance vie ?

Le gain imposable correspond aux intérêts et plus-values générés par le contrat. Sur un fonds euros, il s'agit des intérêts capitalisés chaque année. Sur des unités de compte, ce sont les plus-values latentes devenues effectives au moment du rachat.

Les primes versées, elles, ne sont jamais imposables. Vous les récupérez nettes d'impôt. C'est la raison pour laquelle le fisc ventile chaque retrait entre capital (non taxé) et gain (taxé). La quote-part de gain est calculée au prorata de la part des gains dans l'encours total du contrat à la date du rachat.

Rachat partiel ou total : ce qui change pour le calcul de l'impôt

Un rachat partiel ne modifie pas le contrat : il reste en vigueur, l'encours diminue et la fiscalité s'applique uniquement sur la fraction de gain incluse dans le retrait. L'abattement annuel après 8 ans (4 600 € ou 9 200 €) peut être utilisé chaque année, ce qui permet d'étaler les retraits pour optimiser la facture fiscale.

Un rachat total clôture le contrat. L'intégralité des gains accumulés depuis l'ouverture est imposée en une seule fois. L'abattement annuel s'applique, mais une seule fois sur l'ensemble des gains. Ce choix doit être pesé : un rachat total peut faire basculer le contribuable dans une tranche marginale d'imposition plus élevée si l'option barème progressif est retenue.

Imposition assurance vie après 8 ans : abattements et taux réduits

Passé le cap des 8 ans, le contrat bascule dans un régime fiscal nettement plus doux. C'est le cœur de l'avantage assurance vie : un abattement annuel conséquent et des taux de prélèvement forfaitaire réduits.

D'ailleurs, le régime de l'imposition assurance vie 2026 témoigne de cette volonté de favoriser l'épargne à long terme.

Le mécanisme combine deux étages. D'abord, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune (economie.gouv.fr). Cet abattement s'applique sur les gains avant tout calcul d'impôt. Ensuite, le PFU résiduel dépend du montant total de l'encours détenu par le souscripteur, tous contrats confondus.

L'encours pris en compte est celui de l'ensemble des contrats d'assurance vie détenus par le même souscripteur, pas celui d'un seul contrat. Cette précision, souvent ignorée, change la donne pour les épargnants multi-contrats.

Une fois l'abattement appliqué, le taux de PFU sur les gains restants est de 7,5 % si l'encours total est inférieur à 150 000 €. Au-delà, il passe à 12,8 % (impots.gouv.fr, 2026). À ces taux s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.

Le taux facial de 7,5 % peut donner l'impression d'une fiscalité très légère. En pratique, avec les PS, le taux global atteint 26,1 % après abattement en 2026 (7,5 % + 18,6 %). Ce chiffre remplace le taux de 24,7 % souvent cité, qui correspondait à l'ancien taux de PS de 17,2 %.

Abattement annuel : 4 600 € ou 9 200 € selon la situation familiale

L'abattement s'applique chaque année civile, sur l'ensemble des rachats effectués pendant l'année. Un célibataire peut retirer jusqu'à 4 600 € de gains sans aucune imposition (hors prélèvements sociaux). Un couple marié ou pacsé bénéficie d'un abattement de 9 200 € (economie.gouv.fr).

Cet abattement est non reportable : si vous ne l'utilisez pas une année, il est perdu. En pratique, les épargnants avisés programment des rachats partiels annuels pour consommer leur abattement plutôt que d'attendre un rachat massif.

PFU à 7,5 % ou 12,8 % : le seuil des 150 000 € d'encours

Le seuil de 150 000 € s'apprécie au niveau du souscripteur, tous contrats d'assurance vie confondus, et non contrat par contrat (impots.gouv.fr). Un épargnant détenant trois contrats de 60 000 € chacun est au-dessus du seuil, contrairement à ce qu'un relevé individuel pourrait laisser croire.

Sous ce seuil, le PFU après abattement est de 7,5 %. Au-delà, il passe à 12,8 %. La différence est de 5,3 points sur chaque euro de gain imposable. Pour 10 000 € de gains après abattement, l'écart d'impôt entre les deux taux atteint 530 €.

Tableau récapitulatif des taux selon la durée et l'encours

Voici les taux applicables en 2026 pour un rachat sur un contrat d'assurance vie, prélèvements sociaux de 18,6 % inclus :

SituationTaux d'IR (PFU)Prélèvements sociauxTaux global
Moins de 8 ans (revenus 2026)12,8 %18,6 %31,4 %
Moins de 8 ans (revenus antérieurs à 2026)12,8 %17,2 %30 %
Plus de 8 ans, encours < 150 000 €7,5 %18,6 %26,1 %
Plus de 8 ans, encours > 150 000 €12,8 %18,6 %31,4 %

L'abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € s'applique avant ces taux pour les contrats de plus de 8 ans. Le taux global de 26,1 % (7,5 % + 18,6 %) a remplacé l'ancien taux de 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) depuis la hausse des PS au 1er janvier 2026.

L'essentiel

  • Le taux global d'imposition varie du simple au double selon la durée de détention : 31,4 % avant 8 ans contre 26,1 % après 8 ans (avec abattement)
  • L'abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) après 8 ans est non reportable : mieux vaut l'utiliser chaque année
  • Les prélèvements sociaux à 18,6 % s'appliquent à tous les gains, mais sont prélevés annuellement sur les fonds euros, et seulement au rachat sur les unités de compte
  • En cas de décès, l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes avant 70 ans constitue un levier de transmission puissant, mais pas une exonération illimitée

Taxation assurance vie avant 8 ans : la flat tax à 30 % (ou 31,4 % en 2026)

Avant le 8e anniversaire du contrat, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique. Mais depuis le 1er janvier 2026, une subtilité est apparue : deux flat tax coexistent.

La première, à 30 %, s'applique aux revenus attachés à des versements antérieurs au 1er janvier 2026. Elle se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux (ancien taux). La seconde, à 31,4 %, concerne les revenus générés depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'IR et 18,6 % de PS (boursorama.com).

Cette coexistence oblige les assureurs à distinguer, dans un même contrat, les gains selon leur date de génération. Un travail de ventilation que les relevés annuels doivent désormais restituer avec précision.

Outre la fiscalité, le choix d'un bon placement assurance vie est tout aussi crucial pour maximiser les rendements.

Le taux facial de 12,8 % au titre de l'IR peut sembler modéré. Mais une option existe : le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Dans certaines situations, cette option réduit la note.

Flat tax à 30 % ou 31,4 % : quelle différence concrète ?

Sur 10 000 € de gains, la flat tax à 31,4 % prélève 3 140 €, contre 3 000 € avec la flat tax à 30 %. L'écart de 140 € correspond uniquement à la hausse de 1,4 point des prélèvements sociaux.

En pratique, pour un rachat effectué en 2026 sur un contrat de moins de 8 ans, l'assureur ventile les gains selon qu'ils ont été générés avant ou après le 1er janvier 2026. La part antérieure à 2026 subit 30 %, la part postérieure 31,4 %.

Option barème progressif de l'IR : quand est-ce avantageux ?

Tout souscripteur peut renoncer au PFU et opter pour l'imposition au barème progressif. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas seulement aux gains d'assurance vie.

L'option barème est pertinente pour les contribuables faiblement imposés, notamment ceux dont le taux marginal d'imposition est de 0 % ou 11 %. Dans ce cas, l'impôt sur le revenu peut être inférieur aux 12,8 % du PFU. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas. Un célibataire avec 25 000 € de revenu imposable peut ainsi voir ses gains d'assurance vie taxés à 11 % + 18,6 % = 29,6 %, soit moins que les 31,4 % de la flat tax.

Cas pratique chiffré : rachat avant vs après 8 ans : ce que vous payez vraiment

Les taux s'alignent sur le papier. Mais un cas concret révèle l'ampleur réelle de l'écart entre un rachat avant 8 ans et un rachat après 8 ans. Prenons deux épargnants disposant chacun de 50 000 € de gains sur leur contrat.

Le premier rachète avant le 8e anniversaire. Le second attend d'avoir franchi ce cap et bénéficie de l'abattement annuel. Leurs situations personnelles sont identiques : célibataires, encours total sous 150 000 €, revenus générés en 2026.

Les montants qui suivent sont une simulation à partir des taux en vigueur au 1er janvier 2026. Ils n'ont pas valeur de conseil personnalisé et chaque situation doit être examinée avec un professionnel.

Scénario 1 : rachat avant 8 ans avec flat tax à 31,4 %

Gains bruts : 50 000 €. Aucun abattement n'est disponible avant 8 ans. La flat tax de 31,4 % s'applique sur l'intégralité des gains.

  • Impôt sur le revenu (12,8 %) : 6 400 €
  • Prélèvements sociaux (18,6 %) : 9 300 €
  • Total impositions : 15 700 €
  • Gains nets après impôt : 34 300 €

Le souscripteur conserve 68,6 % de ses gains. L'État en prélève 31,4 %.

Scénario 2 : rachat après 8 ans avec abattement et PFU à 7,5 %

Gains bruts : 50 000 €. Abattement annuel de 4 600 € (célibataire). Base imposable : 45 400 €.

  • Impôt sur le revenu (PFU 7,5 %) : 3 405 €
  • Prélèvements sociaux (18,6 %) : 8 444 €
  • Total impositions : 11 849 €
  • Gains nets après impôt : 38 151 €

L'écart avec le scénario 1 est de 3 851 €. En pourcentage, le taux effectif d'imposition passe de 31,4 % à 23,7 %. La durée de détention n'est pas un détail : elle représente ici une économie de près de 4 000 € sur 50 000 € de gains.

Prélèvements sociaux sur l'assurance vie : 18,6 % depuis janvier 2026

La hausse des prélèvements sociaux constitue la modification la plus impactante de 2026 pour les épargnants. Le taux passe de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus de placements à compter du 1er janvier 2026 (service-public.gouv.fr). Cette augmentation de 1,4 point s'applique à tous les gains d'assurance vie, quelle que soit la durée de détention.

Les 18,6 % se décomposent en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %) et autres contributions (1,4 %). La part de CSG déductible du revenu imposable l'année suivante reste de 6,8 points, ce qui atténue marginalement l'impact pour les contribuables imposés au barème.

Un point distingue fondamentalement les fonds euros des unités de compte : le calendrier du prélèvement.

Fonds euros : prélèvement annuel à la source des PS

Sur les fonds euros, les intérêts sont capitalisés annuellement. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont prélevés chaque année par l'assureur, directement sur le rendement servi, avant même que ces intérêts ne soient réinvestis dans le contrat.

Concrètement, un fonds euros servant 2,5 % brut en 2026 ne rapporte que 2,04 % net de prélèvements sociaux (2,5 % × (1 - 0,186)). Ce prélèvement annuel est définitif : même en l'absence de rachat, les PS sont déjà acquittés sur les intérêts des fonds euros.

Unités de compte : PS prélevés uniquement au rachat

Les plus-values sur unités de compte ne subissent les prélèvements sociaux qu'au moment du rachat. Tant que les titres ne sont pas vendus (rachat partiel ou total), aucun PS n'est dû. Cette différence de temporalité rend les unités de compte fiscalement plus souples que les fonds euros pour les épargnants qui souhaitent laisser leurs gains capitaliser sans frottement fiscal annuel.

Lors du rachat, le taux de 18,6 % s'applique sur la totalité des plus-values accumulées depuis l'ouverture du contrat, sans distinction d'année de génération des gains.

Fiscalité assurance vie en cas de décès : succession et bénéficiaires

Au décès du souscripteur, le capital transmis au bénéficiaire désigné échappe aux règles classiques de la succession. Mais il n'est pas pour autant totalement exonéré. Le régime fiscal successoral de l'assurance vie repose sur une distinction fondamentale : l'âge du souscripteur au moment des versements.

Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (impots.gouv.fr). Au-delà de cet abattement, les capitaux sont taxés à 20 % jusqu'à 852 500 €, puis à 31,25 % au-delà (credit-agricole.fr).

Les primes versées après 70 ans suivent une logique différente. Un abattement global de 30 500 € s'applique, tous bénéficiaires confondus. Au-delà, les sommes réintègrent la succession et sont soumises aux droits de succession classiques selon le lien de parenté avec le défunt.

La désignation du bénéficiaire est l'acte fondateur de cette stratégie de transmission. Une clause mal rédigée ou obsolète peut anéantir l'avantage fiscal recherché.

Primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement personnel de 152 500 € sur les capitaux issus de primes versées avant les 70 ans du souscripteur (impots.gouv.fr). Un souscripteur peut désigner plusieurs bénéficiaires et ainsi multiplier cet abattement.

Au-delà de 152 500 €, la tranche suivante jusqu'à 852 500 € est taxée à 20 %. La tranche supérieure à 852 500 € subit 31,25 %. Ces taux s'appliquent indépendamment du lien de parenté entre le souscripteur et le bénéficiaire, ce qui constitue un avantage notable par rapport aux droits de succession classiques.

Fiscalité assurance vie après 70 ans : règles spécifiques

Pour les primes versées après le 70e anniversaire du souscripteur, un abattement global unique de 30 500 € s'applique, tous bénéficiaires confondus (impots.gouv.fr). Les primes elles-mêmes sont exonérées dans cette limite, mais les intérêts et plus-values générés par ces primes restent totalement exonérés de droits de succession.

Au-delà de 30 500 € de primes, le surplus est réintégré à la succession et taxé selon le barème applicable entre le défunt et chaque héritier. Concrètement, verser massivement après 70 ans dilue une partie de l'avantage successoral de l'assurance vie.

Tableau fiscalité assurance vie succession : les seuils en un coup d'œil

SituationAbattementTaux applicable
Primes avant 70 ans (par bénéficiaire)152 500 €0 %
Primes avant 70 ans, tranche 2De 152 500 € à 852 500 €20 %
Primes avant 70 ans, tranche 3Au-delà de 852 500 €31,25 %
Primes après 70 ans (tous bénéficiaires)30 500 € (primes)0 %
Primes après 70 ans, au-delàSurplus réintégréBarème successoral classique

Les intérêts et plus-values attachés aux primes versées après 70 ans sont exonérés de droits de succession, seules les primes au-delà de 30 500 € étant réintégrées.

Erreur courante : confondre abattement successoral et exonération totale

Beaucoup de souscripteurs croient que l'assurance vie est totalement hors succession. Cette croyance, entretenue par des raccourcis commerciaux, conduit à deux erreurs classiques : une clause bénéficiaire mal calibrée et des versements tardifs excessifs.

Le mécanisme réel est plus nuancé. Les primes versées après 70 ans sont partiellement réintégrées à la succession au-delà de 30 500 €. Même pour les primes avant 70 ans, le capital transmis n'est exonéré que dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, les taux de 20 % puis 31,25 % s'appliquent.

Une stratégie de transmission via l'assurance vie bien pensée tient compte de ces seuils. Fractionner les versements entre plusieurs bénéficiaires, calibrer les primes après 70 ans pour rester sous le plafond de 30 500 €, et répartir les capitaux dans le temps sont des réflexes qui protègent l'avantage fiscal.

Le mythe de l'assurance vie « hors succession » : ce que dit réellement la loi

La formule « hors succession » est trompeuse. Le capital-décès d'un contrat d'assurance vie échappe aux règles civiles de la succession (rapport, réduction), mais il n'échappe pas à la fiscalité successorale. La loi prévoit un prélèvement spécifique, distinct des droits de succession classiques, avec ses propres abattements et son propre barème.

L'avantage concurrentiel de l'assurance vie en matière de transmission tient à deux choses : l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (inexistant dans le droit commun) et la liberté de désignation du bénéficiaire, indépendamment des liens familiaux.

Primes après 70 ans : pourquoi le timing des versements compte

L'abattement global de 30 500 € pour les primes après 70 ans est partagé entre tous les bénéficiaires. Contrairement à l'abattement de 152 500 € (avant 70 ans) qui se multiplie par le nombre de bénéficiaires, celui-ci est unique.

En pratique, un souscripteur qui verse 80 000 € après 70 ans verra 49 500 € de primes réintégrées à sa succession, taxables aux droits de succession classiques. Planifier les versements avant 70 ans et limiter ceux après 70 ans au plafond de 30 500 € constitue donc un axe d'optimisation important.

Taxation assurance vie et nouvelle loi 2026 : ce qui change vraiment

La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (bofip.impots.gouv.fr) a confirmé la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %. Elle a aussi entériné l'abandon de l'impôt sur la fortune improductive, une mesure qui aurait pu alourdir la fiscalité des gros contrats d'assurance vie (boursorama.com).

Résultat : la pression fiscale sur l'assurance vie augmente via les prélèvements sociaux, mais sans rupture structurelle. Le cadre général : abattement après 8 ans, PFU réduit, abattements successoraux : reste inchangé dans son architecture.

La coexistence de deux flat tax (30 % et 31,4 %) constitue la principale complexité opérationnelle pour 2026. Les assureurs doivent désormais tracer l'origine temporelle des gains, une contrainte technique qui peut générer des décalages dans les relevés annuels. Les souscripteurs effectuant des rachats en 2026 ont intérêt à vérifier attentivement la ventilation communiquée par leur assureur.

Loi de finances 2026 : hausse des prélèvements sociaux confirmée

Le passage de 17,2 % à 18,6 % des prélèvements sociaux sur les revenus de placements a été confirmé par la loi de finances 2026 (service-public.gouv.fr). Cette hausse concerne tous les produits de placement, pas uniquement l'assurance vie. Livrets réglementés, PEA, comptes-titres sont également concernés.

Pour un souscripteur détenant un contrat en unités de compte avec 200 000 € d'encours dont 60 000 € de plus-values latentes, la hausse représente un surcoût potentiel de 840 € (60 000 € × 1,4 %) au moment du rachat, par rapport au taux antérieur.

L'impôt sur la fortune improductive abandonné : impact pour les épargnants

Le projet d'impôt sur la fortune improductive, un temps évoqué durant les débats budgétaires, a été abandonné (boursorama.com, février 2026). Ce dispositif aurait taxé la détention de capital non productif, incluant potentiellement l'encours des contrats d'assurance vie.

Son abandon préserve le statu quo pour les gros contrats. Toutefois, rien ne garantit la stabilité de ce cadre au-delà de 2026. La fiscalité de l'épargne reste un levier d'ajustement budgétaire et le débat sur la taxation du capital n'est pas clos.

Sources

Fiche pratique

Abattement annuel (célibataire, après 8 ans)4 600 €
Abattement annuel (couple, après 8 ans)9 200 €
PFU après 8 ans (encours < 150 000 €)7,5 %
PFU après 8 ans (encours > 150 000 €)12,8 %
Flat tax avant 8 ans (revenus 2026)31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
Flat tax avant 8 ans (revenus antérieurs)30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS)
Prélèvements sociaux 202618,6 %
Abattement successoral (primes avant 70 ans)152 500 € par bénéficiaire
Abattement successoral (primes après 70 ans)30 500 € tous bénéficiaires
Taux successoral (tranche 2)20 % jusqu'à 852 500 €
Taux successoral (tranche 3)31,25 % au-delà de 852 500 €
Source officielleimpots.gouv.fr / service-public.gouv.fr

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions sur le patrimoine

Quelle est la nouvelle taxe sur les assurances vie ?

Il n'y a pas de nouvelle taxe spécifique aux assurances vie en 2026. La hausse concerne les prélèvements sociaux sur tous les revenus de placements, qui passent de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026 (service-public.gouv.fr). Cette augmentation de 1,4 point fait passer la flat tax sur les gains d'assurance vie de 30 % à 31,4 % pour les revenus générés à compter de 2026.

Quelle est la fiscalité d'une assurance vie en cas de décès ?

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, les capitaux sont taxés à 20 % jusqu'à 852 500 €, puis à 31,25 % (impots.gouv.fr). Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique tous bénéficiaires confondus, et le surplus est réintégré à la succession.

Quel est le taux d'imposition sur une assurance vie ?

Le taux dépend de la durée de détention. Avant 8 ans, la flat tax est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) pour les revenus 2026. Après 8 ans, le PFU est réduit à 7,5 % sous 150 000 € d'encours (soit 26,1 % avec les PS) ou 12,8 % au-delà (soit 31,4 %), après application de l'abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €.

Comment est taxé le retrait d'une assurance vie ?

Seuls les gains (intérêts et plus-values) sont imposables, pas le capital versé. Lors d'un rachat partiel, la part imposable est calculée au prorata des gains dans l'encours total. Le taux d'imposition dépend de la durée du contrat et peut relever de la flat tax (31,4 % ou 30 %) ou du PFU réduit à 7,5 % après 8 ans. L'option pour le barème progressif de l'IR reste toujours possible.

Quel est l'abattement fiscal sur une assurance vie après 8 ans ?

Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € sur les gains s'applique pour une personne seule, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune (economie.gouv.fr). Cet abattement est non reportable d'une année sur l'autre et s'applique avant le calcul du PFU et des prélèvements sociaux.